ETUDE : Le Destin du courage, un défi pour les dirigeants
Alors que nous franchissons le seuil de 2026, dans un monde marqué par la « polycrise », le courage s’impose comme la qualité cardinale des décideurs. Loin de l’héroïsme guerrier d’antan, il devient une discipline de pensée et d’action. Notre étude exclusive, réalisée en partenariat avec Les Entretiens auprès de 50 dirigeants d’horizons variés, révèle une mutation profonde : le courage n’est plus une option, c’est la colonne vertébrale de la fonction.
Au-delà du risque : une question d’honneur Contrairement aux idées reçues, le courage ne se résume pas à la gestion de l’aléa. Si 84 % des dirigeants considèrent le risque comme consubstantiel à leur métier , ils placent l’exposition personnelle (réputation, santé) au premier rang des risques (33 %), bien avant les enjeux financiers (27 %). Pour Serge Weinberg, cette vertu oppose le sens de l’honneur à « l’irresponsabilité statutaire » : le courage, c’est assumer ses devoirs au-delà de ses privilèges.
L’asymétrie des regrets : l’inaction coûte plus cher que l’erreur L’étude met en lumière un rapport décomplexé à l’échec. 44 % des dirigeants affirment n’avoir aucun regret décisionnel , portés par une conviction totale dans l’instant, à l’image de Cathy Collart-Geiger qui confie : « Je n’ai jamais de plan B. On attire ce en quoi on croit ». Pour ceux qui en ont, le regret porte majoritairement sur le manque d’audace ou la lenteur à décider, plutôt que sur la témérité. L’erreur est vue comme un carburant d’apprentissage, une rupture culturelle nécessaire face à une société française encore trop obsédée par le principe de précaution.
Un impératif pour 2030 : l’humilité radicale face à l’IA L’avenir exigera encore plus de bravoure. 71 % des leaders estiment que le courage sera une compétence cruciale, voire « absolument centrale », dans les cinq prochaines années. Les défis de l’IA et de la transformation durable (ESG) ne se relèveront pas avec tiédeur. Comme le souligne Frédéric Tardy (Microsoft), cela demandera le courage de la vulnérabilité : « désapprendre, expérimenter et apprendre de nouveau ».
Transmettre la flamme Enfin, le courage n’est pas inné, il se forge et se transmet. Les dirigeants invitent la nouvelle génération à cultiver la curiosité et l’expérimentation rapide. Pour Gonzague de Blignières, le destin du courage est de cesser d’être une vertu solitaire pour devenir contagieux : « À force de la partager, cette flamme personnelle devient un courage collectif ».









